PARENTES ENTRE ETRES VIVANTS ACTUELS ET FOSSILES

PHYLOGENESE ET EVOLUTION

Toutes les espèces vivantes actuelles et toutes les espèces fossiles sont apparentées mais elles le sont plus ou moins étroitement. Nous essaierons de voir dans ce chapitre quelles méthodes scientifiques il est possible d'utiliser pour préciser leurs relations de parenté: le groupe des vertébrés actuels et fossiles servira de support à cette étude.

Une place particulière sera faite à l'Homme et à l'évolution dans la lignée humaine.

Thèmes traités et activités pédagogiques (durée: 3 semaines):

La recherche de parentés chez les Vertébrés - L'établissement de phylogénies
La lignée humaine - La place de l'homme dans le règne animal
Les critères d'appartenance à la lignée humaine
Le caractère buissonnant de la lignée humaine

1 La recherche de parentés chez les Vertébrés - L'établissement de phylogénies

Les êtres vivants d'espèces différentes peuvent être groupés selon divers critères. Malgré une diversité apparente, ils présentent une profonde unité au niveau cellulaire et moléculaire.

Rappelons ce que nous avons constaté dans les programmes de seconde et de première à propos de l'universalité:
de la structure cellulaire: quelle est l'organisation générale d'une cellule eucaryote? d'une cellule procaryote?
du support de l'information génétique: quel est-il? qu'est-ce qu'un gène?
des modalités de transmission et d'expression des gènes: pouvez-vous définir précisément les termes "réplication", "transcription", "traduction".

L'évolution est la seule explication scientifique de l'unité et de la diversité des êtres vivants. Elle implique une filiation entre les espèces: les formes actuelles dériveraient d'ancêtres communs plus ou moins éloignés dans le temps. Une origine commune à toutes les espèces est hautement probable.

1.1 DES LIENS DE PARENTE ETABLIS A PARTIR DE DONNEES MORPHOLOGIQUES, ANATOMIQUES ET EMBRYOLOGIQUES

Un caractère peut être défini comme un attribut observable chez un individu. Il peut être:
morphologique, anatomique: plan d'organisation d'un membre, présence de poils, de plumes, structure du coeur, présence de mâchoires, nature des organes respiratoires,...
embryologique: présence ou absence d'un amnios, d'un placenta, ...
cellulaire, moléculaire: présence ou absence d'un noyau, de chloroplastres, présence de tel polypeptide, de tel acide aminé dans une séquence polypeptidique, ...
N.B. Ces attributs peuvent conférer à l'individu qui les possède une attitude particulière vis-à-vis d'une situation et l'on pourra distinguer ainsi des caractères de type comportemental.
 
1.1.1 Le choix des caractères - la notion d'homologie:
Lorsqu'on cherche à établir des relations de parenté entre des espèces, on est tenté de chercher des ressemblances entre elles. Mais la ressemblance n'est pas un critère suffisant.
En effet l'aile de la chauve-souris ressemble à celle de l'insecte, ...
 
 
la patte antérieure de la taupe ressemble à celle de la courtilière, ...
 
 
... mais ces ressemblances ne sont que des analogies, car les organes en question ne sont pas construits de la même façon, ne sont pas hérités d'un ancêtre commun.
Par contre l'aile de la chauve-souris et la patte antérieure de la taupe ont des formes et des fonctions différentes, mais un même plan d'organisation.
Les caractères doivent être homologues.
Deux structures sont dites homologues chez deux organismes différents si elles entretiennent avec leurs voisines les mêmes relations, quelles que soient leurs formes et leur fonction. Pour les reconnaître il est nécessaire de concevoir un plan d'organisation (homologie structurale).
Par exemple, le radius d'une taupe, celui d'une chauve-souris ou d'un homme sont tous situés entre les carpiens du poignet et l'humérus du bras.
 
Par ailleurs, deux structures sont dites homologues chez deux organismes différents lorsque celles-ci sont héritées d'un ancêtre commun (homologie de filiation).
Par exemple, le cheveu, le cil de l'homme et le poil de la souris sont homologues parce que héritées d'un ancêtre commun aux deux.
Mais on se rend bien compte que cette notion n'est intéressante que si l'on se place dans un cadre taxonomique donné: celui des Mammifères qui portent des poils.
En fait ces deux définitions de l'homologie s'articulent dans le temps: l'homologie structurale est celle que l'on détecte en premier. L'homologie de filiation constitue le résultat de l'analyse. Toutes les homologies structurales que l'on réfute sont des ressemblances non héritées d'un ancêtre commun (convergences de forme).

1.1.2 Deux exemples:

N.B. Si l'on compare la morphologie et l'anatomie des Vertébrés fossiles, on constate que certains présentent pour un caractère l'état évolué, pour un autre, l'état primitif: tous les caractères n'évoluent pas en même temps.

Les caractères possédés en commun par un groupe d'espèces sont hérités d'une population ancestrale commune. Ainsi le plus récent ancêtre commun aux Vertébrés devait posséder le plan d'organisation partagé par tous.
Mais cet ancêtre ne peut être connu: on le reconstruit en additionnant les états dérivés des caractères partagés par ses descendants: un tel ensemble constitue un groupe monophylétique ou clade (mot recouvrant le sens de "ramification").

1.2 DES LIENS DE PARENTE ETABLIS A PARTIR DE DONNEES MOLECULAIRES

1.2.1 La notion de molécules homologues:

1.2.2 Phylogénie déduite des données moléculaires

2 La lignée humaine - La place de l'homme dans le règne animal

Les relations de parenté entre l'homme et les autres Vertébrés peuvent être précisées en utilisant des données anatomiques, morphologiques, embryologiques, chromosomiques et moléculaires chez les organismes vivant actuellement.
Rappelons que l'Homme est un Vertébré Mammifère: sa peau est recouverte de poils et la femelle allaite ses petits.
Par les méthodes développées dans le paragraphe 1 qui précède, nous allons essayer de:

2.1 LES RELATIONS DE PARENTE ENTRE L'HOMME ET LES AUTRES VERTEBRES

On cherche à établir des relations de parenté à partir de données anatomiques et morphologiques en appliquant la méthode cladistique.

Dans le logiciel PHYLOGENE, vous utiliserez le fichier image "vertebrs.phg".
Vous développerez la démarche suivante:
- Trouver des critères de comparaison utiles:
Taxons: aigle, babouin, chat, crapaud, crocodile, gorille, homme, lamproie, oreillard, sardine, tarsier.
Caractères: mâchoires - choanes - amnios - placenta - fenêtre mandibulaire - doigts - terminaison des doigts - orbites
- Raisonner à partir des observations effectuées pour réfléchir à la signification évolutive du partage d'états évolués.
- Traduire le raisonnement sous forme d'une figure arborescente (construction d'un cladogramme) en n'oubliant pas que le cladogramme le plus acceptable est le plus parcimonieux, c'est à dire celui qui suppose le moins de sauts évolutifs.
 
Vous définirez les différents clades ou groupes monophylétiques (un ancêtre commun et tous ses descendants).
Vous donnerez une première idée de la notion de Primates.
D'après ce cladogramme, vous direz quels sont les plus proches parents de l'homme.

2.2 LES RELATIONS DE PARENTE ENTRE L'HOMME ET LES AUTRES PRIMATES

3 Les critères d'appartenance à la lignée humaine

3.1 CARACTERES ANATOMIQUES:

3.2 TRACES FOSSILES D'UNE ACTIVITE CULTURELLE:

Les caractères dérivés propres à la lignée humaine ne sont pas seulement des caractères anatomiques: la fabrication d'outils, la pensée et la conscience sont aussi des caractéristiques humaines.
 
On admet que tout fossile présentant au moins un de ces caractères dérivés appartient à la lignée humaine.
 
Bassin
 

En observant le dessin du bassin d'un australopithèque, montrez que ce dernier appartient à la lignée humaine (Homininé).